Vincent Violette, le doublage a une histoire
- Cie Vagabond-Le Magasin
- 2 févr.
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Le doublage s'inscrit dans la mémoire du cinéma
Je pense qu'il faut être nourri de cette histoire, de savoir pourquoi on fait du doublage ...
"C'est vrai que j'aime bien intervenir en premier (NDLR: dans les stages de doublage), parce que j'aime bien, j'aime beaucoup et je trouve que c'est capital, je sais que mes camarades le font aussi, mais je sais que moi j'aime beaucoup, beaucoup, faire cette historique. Parler du doublage, parler de la façon dont on s'inscrit dans le métier, qui est très importante, qu'il faut définir justement pour ne pas venir cachetonner, mais pour savoir pourquoi on est là, qu'est-ce qu'on fait, qu'est-ce qu'on vient faire dans ce métier, à cet instant, dans cette partie du métier. C'est un artisanat qui existe depuis très longtemps, et donc qui a une histoire, qui a un passé, qui s'inscrit dans la mémoire du cinéma, et donc je trouve qu'il est important d'en faire état.
D'abord, simplement pour la connaissance, et deuxièmement parce qu'après, quand on rentre dans ce petit milieu, on est appelé à travailler rapidement, on est appelé à se déplacer d'un endroit à un autre, de venir travailler parfois peu de temps, parfois une heure, deux heures, et donc au bout d'un moment, je pense qu'il faut être nourri de cette histoire, de savoir pourquoi on fait du doublage, quelle est son histoire, comment on s'inscrit dans l'économie d'un film, et je pense que toutes ces questions sont importantes et doivent être abordées afin de nourrir notre travail et la façon de nous projeter dans cette partie du métier."
Il faut rendre compte du sens, il faut que les œuvres circulent ...
"Le doublage, comme je disais tout à l'heure on peut le décrier, il est tout à fait décriable. C'est une honte de mettre une voix différente sur un physique, de couper comme ça, à vif un visage, un physique et sa voix. C'est absolument terrible là-dessus je suis tout à fait d'accord, mais une fois qu'on a dit ça on a rien résolu. Comment on transmet une œuvre ? Comment on la fait circuler au travers de la planète ? Comment on rend compte du sens ? Les sous-titres oui, les sous-titres c'est une partie de de la réponse mais elle est partielle. D'abord le sous-titre est partiel par rapport à une pensée, on est obligé de raccourcir, de synthétiser, parce qu'on ne peut pas tout mettre donc c'est un choix, donc c'est une trahison aussi. La voix-off sur la comédienne, sur le comédien qui parle, un homme et une femme, ils disent tous les dialogues masculins féminins, tous les dialogues et on garde derrière l'original. C'est une solution, c'est un peu polluant d'avoir cette voix toujours un peu monocorde. Voilà, il n'y a pas de bonne solution et pourtant il faut rendre compte du sens, il faut que les œuvres circulent. Il faut que même dans des endroits où on n'est pas absolument bilingue en anglais, en norvégien, en israélien, en tamoule ...
... Comment on fait pour donner du sens ? Comment on fait pour que l'œuvre soit transmise ? Le doublage n'est pas la bonne réponse mais il n'y en a aucune qui est bonne."




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